Consultant en portage salarial lors d'une visioconférence dans un espace de coworking lumineux
Publié le 7 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles du portage salarial et de la création d’entreprise évoluent régulièrement. Vérifiez les textes en vigueur avant toute décision.

Vous avez une expertise. Des clients potentiels. Peut-être même une première mission en vue. Mais entre vous et le démarrage, il y a ce mur : immatriculation, statuts, comptabilité, déclarations URSSAF. Dans mon accompagnement de cadres en reconversion, c’est ce blocage administratif qui fait capoter la moitié des projets avant même qu’ils ne commencent. Le portage salarial propose une alternative radicale : devenir indépendant sans créer d’entreprise. Mais concrètement, qu’est-ce que ça change vraiment dans votre quotidien ?

Portage vs création en 4 points clés

  • Démarrage en 24-72h vs 5 à 15 jours pour une société
  • Zéro comptabilité ni déclarations sociales à gérer
  • Protection sociale identique à un salarié classique
  • Frais de gestion de 5-10% du CA en contrepartie

Créer une entreprise classique : le parcours du combattant administratif

Franchement, quand je vois la tête des gens à qui j’explique les démarches pour créer une SASU, je comprends pourquoi la moitié abandonne. Soyons clairs : monter sa boîte en France, c’est une course d’obstacles. Et le chrono tourne.

La réalité administrative de la création d’entreprise classique



Selon une étude 2026 de Legalplace, les délais varient énormément selon le statut choisi. La micro-entreprise reste la plus rapide : 24 à 48 heures pour obtenir votre SIRET. Mais dès que vous passez sur une SASU ou une EURL, comptez 5 à 10 jours ouvrés minimum. Et si vous avez des apports en nature ? Jusqu’à 15 jours pour une SARL ou SAS.

5-15 jours

délai moyen pour créer une société en France

Ça, c’est juste pour l’immatriculation. Le vrai parcours du combattant ? Rédiger des statuts juridiques (ou payer quelqu’un pour le faire). Ouvrir un compte bancaire pro. Publier une annonce légale. Déposer le capital. Attendre le Kbis. Puis configurer votre comptabilité, choisir un logiciel de facturation, comprendre les déclarations URSSAF.

Mon avis (qui n’engage que moi) : si vous n’avez jamais fait de compta et que vous voulez facturer votre première mission dans les deux semaines, la création d’entreprise classique n’est probablement pas votre meilleur pari.

Ce que le portage salarial supprime de votre to-do list

Ce qui bloque vraiment les gens, ce n’est pas de devenir indépendant. C’est toute la paperasse autour. Le portage salarial fonctionne sur un principe simple : vous vous concentrez sur vos missions, la société de portage gère le reste.

Pour bien comprendre ce que ça implique concrètement, une plateforme comme itg.fr détaille le fonctionnement de cette relation tripartite entre vous, votre client et la société de portage. Le principe est limpide : vous négociez vos missions, vous les exécutez, et tout le reste disparaît de votre radar.

Portage, SASU, auto-entrepreneur : qui gère quoi ?
Démarche Portage salarial SASU Auto-entrepreneur
Immatriculation Société de portage Vous (greffe + CFE) Vous (URSSAF)
Comptabilité Société de portage Expert-comptable (payant) Vous (simplifiée)
Déclarations URSSAF Société de portage Vous + expert-comptable Vous (mensuelle/trimestrielle)
Facturation clients Société de portage Vous Vous
Responsabilité civile pro Incluse À souscrire À souscrire
Bulletin de paie Automatique Non applicable Non applicable
Un bureau libéré de la paperasse administrative



D’après les données d’AD’Missions, les frais de gestion oscillent entre 5 et 10% du chiffre d’affaires selon la société de portage. C’est le prix de cette tranquillité. Ça tourne autour de 7-8% en moyenne dans les dossiers que je vois passer.

Attention au piège classique : certains comparent ces frais au « zéro frais » de l’auto-entreprise. Sauf que le temps passé à gérer vos déclarations, à comprendre la TVA, à relancer vos factures impayées… ça a un coût caché. Et votre patrimoine personnel n’est pas engagé en portage, contrairement à l’entreprise individuelle.

Du premier contact à la première facture : combien de temps vraiment ?

Sur le papier, on vous promet 24 à 48 heures. Soyons réalistes : c’est possible, mais ça dépend de votre niveau de préparation.


  • Contact société de portage et premier échange

  • Signature de la convention d’adhésion

  • Contrat de travail CDI ou CDD signé

  • Premier bulletin de paie émis

Cette timeline correspond à ce que j’observe régulièrement sur le terrain. Un rapport sur les statistiques 2024 du portage salarial confirme d’ailleurs que le secteur a dépassé 120 000 professionnels, preuve que le modèle fonctionne à grande échelle.

Cas concret : Sylvie, de directrice marketing à consultante indépendante

J’ai accompagné Sylvie l’année dernière. 47 ans, ex-directrice marketing, licenciée dans le cadre d’un plan social. Elle hésitait entre créer une SASU et opter pour le portage. Sa crainte ? La comptabilité. Elle n’avait jamais fait de bilan de sa vie et l’idée de gérer les cotisations TNS la paralysait.

Résultat : démarrage en portage en 72 heures. Première mission facturée sous 3 semaines. Elle a pu tester son activité de conseil sans stress administratif, le temps de valider que son projet tenait la route.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Sous-estimer le temps de prospection. Dans mon accompagnement de consultants en reconversion, je vois régulièrement des gens signer en portage sans avoir sécurisé le moindre contact commercial. Résultat : 2 à 4 mois sans revenus le temps de construire un portefeuille clients. Ce constat vaut surtout pour les cadres qui quittent un poste salarié sans réseau existant dans leur futur domaine d’intervention.

Si vous souhaitez approfondir les avantages du portage salarial, notamment sur la protection sociale et la flexibilité, cette ressource complète utilement ce que nous abordons ici sur les aspects pratiques.

La réalité du consultant porté : se concentrer sur les missions



Vos questions sur le portage et la création d’activité

Les mêmes interrogations reviennent systématiquement. Voici les réponses sans langue de bois.

Le portage salarial est-il rentable malgré les frais de gestion ?

Ça dépend de votre TJM. En dessous de 300€/jour, les frais de gestion (5-10%) et les cotisations sociales complètes (environ 45% du brut) rendent le modèle moins intéressant que l’auto-entreprise. Au-dessus, l’équation s’inverse grâce à la protection sociale complète et au temps gagné sur l’administratif.

Puis-je quitter le portage pour créer ma société plus tard ?

Absolument. Le portage sert souvent de phase de test. Une fois votre activité stabilisée et votre CA prévisible, vous pouvez basculer sur une SASU ou une micro-entreprise. Beaucoup de consultants que j’accompagne font cette transition après 12 à 24 mois.

Que se passe-t-il si je n’ai pas de mission ?

Pas de mission = pas de salaire. C’est aussi simple que ça. La société de portage ne vous verse pas de rémunération si vous ne générez pas de chiffre d’affaires. En revanche, votre contrat de travail reste actif, ce qui vous ouvre des droits au chômage si la période d’inactivité se prolonge.

Le portage fonctionne-t-il pour toutes les activités ?

Non. Selon l’article L. 1254-1 du Code du travail, le portage salarial est interdit pour les services à la personne. Les professions réglementées (avocat, médecin, architecte) et l’achat-revente sont également exclus. Il faut aussi justifier d’un Bac+2 ou de 3 ans d’expérience.

Comment sont calculés mes droits au chômage en portage ?

Exactement comme pour un salarié classique. Vos cotisations alimentent France Travail. Après une période d’emploi suffisante, vous pouvez prétendre à l’ARE si votre contrat prend fin. C’est l’un des avantages majeurs par rapport à la création d’entreprise où vous êtes TNS.

Trois situations où le portage n’est pas adapté

  • TJM inférieur à 250-300€/jour : les frais de gestion et les cotisations sociales réduisent trop le salaire net
  • Activités exclues par la loi : professions réglementées, achat-revente, services à la personne
  • Absence totale de pistes commerciales : sans premier contact client, vous risquez plusieurs mois sans revenus

Selon la convention collective IDCC 3219 du portage salarial, le salaire minimum est fixé à 70% du PMSS pour un profil junior, 75% pour un senior. Ces planchers garantissent une rémunération décente mais supposent un TJM suffisant pour les atteindre après déduction des frais.

Et maintenant ?

Si vous ne devez retenir qu’une chose : le portage salarial ne crée pas de miracle. Il supprime les obstacles administratifs qui vous empêchent de démarrer. Mais il ne remplace ni la prospection commerciale, ni l’expertise que vous devez apporter à vos clients.

Votre plan d’action avant de vous lancer



  • Vérifier que votre activité est éligible au portage (pas de profession réglementée, pas de services à la personne)


  • Calculer votre TJM cible et vérifier qu’il dépasse 300€/jour pour une rentabilité correcte


  • Sécuriser au moins un premier contact commercial avant de signer avec une société de portage


  • Comparer les frais de gestion de 2-3 sociétés de portage (fourchette 5-10%)

Si après cette lecture vous pensez que la création d’entreprise classique correspond mieux à votre projet, consultez les démarches pour créer votre entreprise étape par étape. Le portage n’est pas la seule voie. C’est celle qui évite le plus d’obstacles au démarrage.

La question à vous poser : Préférez-vous passer vos premiers mois à prospecter des clients ou à comprendre comment fonctionne une DSN ?

Rédigé par Thomas Beaumont, spécialiste de l'accompagnement des indépendants et des travailleurs en transition professionnelle. Il intervient sur les problématiques de portage salarial, de création d'activité et de statut juridique depuis plusieurs années. Son approche privilégie la clarté opérationnelle et les solutions adaptées au profil de chaque consultant.